Jamais nous n’avons été aussi nombreux sur cette place, même pendant la coupe du monde de football en 98 ! Rappelons ce qui nous réunit :

- une directrice d’école et des parents d’élèves qui s’opposent devant leur école pacifiquement à l’arrestation d’un grand-père sans-papier parti chercher ses petits-enfants ne sont pas des délinquants !

-nous sommes tous solidaires de cette directrice et des parents d’élèves de Rampal ; nous aurions agi comme eux et nous nous opposerons de la même façon à toute arrestation de parent sans-papier parce qu’en situation irrégulière ;

-la préfecture, après les violences subies par des parents d’élèves le 20/03 devant l’école Rampal, doit abandonner toute poursuite contre la directrice et les personnes présentes

-les quartiers populaires ne sont pas des réserves de chasse aux sans-papiers et à leurs enfants ; les rafles quotidiennes au faciès, indignes de notre pays, doivent cesser ; ici, comme ailleurs, tous ont le droit de se déplacer sans être victime en permanence de contrôles d’identités inutiles et discriminatoires ;

-dans les 10ème, 11ème, 18ème, 19ème et 20ème arrondissements il y a 300 écoles maternelles et primaires et autant de comités RESF ; parents et enseignants, nous avons constitué des dossiers de demande de régularisation pour des enfants qui sont les amis de nos enfants et pour leurs parents ;

-à Paris comme ailleurs, près de 9 dossiers sur 10 en 2006 ont été rejetés…parce que tel était le bon plaisir du prince du moment. Demain, ces enfants qui fréquentent nos écoles, leurs parents peuvent être arrêtés, emprisonnés (parce que, il faut le dire, les centres de rétention sont des prisons) et expulsés. Comment peut-on expulser des enfants pour la plupart nés ici, éduqués ici ? Comment expliquer à nos enfants que leurs amis sont coupables et de quoi ? Comment admettre que des vies soient brisées ? Nous ne pouvons l’accepter !

-allons plus loin, nous sommes aussi ici parce que nous pensons que les sans-papiers célibataires maliens, sénégalais, algériens, ukrainiens, chinois ou d’ailleurs qui sont en France, parfois depuis des décennies, qui travaillent ici, qui contribuent à la richesse de notre pays, eux-aussi doivent être régularisés. Quand un sans-papier sénégalais, comme Diallo Samba , arrêté au métro Stalingrad en janvier 2006, est expulsé alors qu’il a vécu et travaillé en France 17 ans, c’est une injustice. En l’expulsant, on l’a spolié de ses maigres biens, il a perdu le peu d’argent qu’il avait sur son compte en banque (que la banque et l’Etat récupéreront) ; il a perdu tout droit après avoir cotisé 17 ans… Aujourd’hui il survit à Dakar avec les quelques euros que le CSP19 lui envoie chaque mois. Merci Mr l’ex-ministre !

Mais maintenant, nous disons ça suffit ! Membres des comités RESF, adhérents de la FCPE, des collectifs sans-papiers, des syndicats enseignants, des dizaines d’associations, syndicats et partis de gauche composant l’UCIJ 19 20, simples citoyens, nous sommes tous venus pour que cela cesse.

Ensemble, nous avons empêché la semaine passée 2 arrestations de parents d’élèves devant l’école Rampal. Continuons !

Depuis la rentrée, la mobilisation citoyenne autour des familles sans-papiers dans nos quartiers grâce à RESF nous a permis d’empêcher la plupart des expulsions. A titre d’exemple, dans le 19ème, 5 parents d’élèves ont été arrêtés dans différents quartiers. Pétitions, rassemblements, fax à la préfecture, intervention des élus de gauche : à chaque fois nous avons eu gain de cause. Continuons !
Nous avons parrainé dans la plupart des arrondissements parisiens et dans de nombreuses communes de France des milliers d’enfants depuis 1an, les plaçant avec leurs parents sous notre protection. Continuons !
Lundi, une délégation de l’UCIJ 19 20, de RSF et de C75 SP se rendra à la préfecture avec des élus pour être reçue. Nous apporterons les milliers de lettres-pétition que vous avez signé, les nombreux vœux votés à l’unanimité dans de nombreuses écoles en faveur de la directrice de Rampal et pour l’arrêt des rafles.

Nous demanderons :
-l’arrêt des poursuites contre la directrice de Rampal et contre les personnes présentes
-l’arrêt des rafles dans nos quartiers, en particulier à Belleville
-l’arrêt des expulsions des enfants scolarisés, des jeunes majeurs et de leurs parents
-la reprise des régularisations et en particulier l’examen avec générosité et humanité des dossiers que les comités RESF ont constitué

Nous espérons être entendus. Si ce n’est pas le cas, nous vous inviterons dans les prochaines semaines à une grande marche des enfants et des parents qui partira de tous les quartiers populaires vers la préfecture pour y déposer les dossiers que nous avons préparé ! Et s’il faut camper des semaines devant la préfecture, nous le ferons pour que nos enfants et les enfants de nos amis sans-papiers puissent continuer à grandir ensemble !