Grève-occupation à Sofrabrick à Gonesse
Quartiers Solidaires Belleville / lundi 19 mai 2008 / 00:03 [ Quartiers Solidaires-Belleville] # 179
Depuis jeudi 15/05, l'usine Sofrabrick est occupée et paralysée à 80% par la majorité de son personnel: une soixantaine de salariés sans-papiers (sur 102 salariés...), la plupart d'Afrique de l'Ouest et Centrale, bloquent la production...
Sofrabrick est le leader français, voire européen, de la feuille de brick. Grâce à une généreuse subvention de la commune de Gonesse et du département 95, l'entreprise a reçu il y a quelques années plus d'un million et demi d'euros pour implanter son nouvel établissement. Derrière la façade ultra-moderne, il y a des dizaine de salariés sans-papiers travaillant jusque 12/13 heures par jour (1/2H de pause à midi et pause-pipi chronométrée!) pour un salaire de misère flirtant avec le SMIG. Le progrès tel que certains idéologues ultra-libéraux l'imaginent: un grand bond en arrière!
Ces dernières semaines, plusieurs salariés ont été licenciés. Officiellement, la direction aurait découvert l'irrégularité de leur situation administrative...En fait, les licenciements sont la conséquence de l'automatisation d'une partie de la production, la direction ne pouvant ignorer que plus de la moitié de ses salariés sont sans-papiers!
<Les licenciements ont poussé les salariés à contacter l'UL CGT DU Val D'Oise Est qui,avec eux, a lancé la grève avec occupation le 15/05: la production, malgré le recours à la maîtrise et à des intérimaires (ce qui est illégal en période de grève), est quasi paralysée. Des vigiles et des maîtres-chiens protègent la dernière chaîne de production en activité!
Depuis le début de l'occupation, la direction n'a ménagé ni les insultes ni les menaces...La police aurait bien expulsé tous les grévistes mais la préfecture a rappelé ses troupes à l'ordre (le Code du Travail et le droit-constitutionnel-de grève...). L'usine est occupée jour et nuit: le Secours Populaire a fourni matelas et sacs de couchage.
Vendredi, des négociations (rencontre avec la Préfecture et avec la direction) ont commencé. Les grévistes et la CGT ne lèveront le piquet de grève que quand les régularisations seront effectives (les dossiers de demande de régularisation sont en cours de préparation).
Ils demandent dans leurs tracts:
-le paiement de la taxe ANAEM par l'entreprise
-des contrats avec les vrais noms (et reprise de l'ancienneté)
-l'annulation des licenciements
-des élections du personnel
-"à passer de 3 à 4 équipes de production pour ne plus travailler 13H par jour"
-"à respecter le Code du Travail, notre dignité, nos temps de pause, nos salaires".
Un Comité de Soutien est en cours de constitution. Tout visiteur (19 avenue Pierre Salvi à Gonesse, sur la route de Villiers Le Bel, à côté du Centre Leclerc) est chaleureusement accueilli par Gadio (du CSP19), Mary Dembélé (délégué syndical), Olivier, responsable de la CGT, et tous les occupants!
Une brèche est ouverte, élargissons-là!
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