Bonjour à tous,

Nous sommes réunis ce soir à la Mairie du 19ème pour rendre un dernier hommage à Zina Larbaoui qui nous a quittés le 04 mars des suites d’une longue maladie. Et pour témoigner de notre amitié et de notre solidarité à Rachid, son mari, et à Youssef, leur fils.

Cet hommage est celui de notre comité RESF Bolivar et de RESF19ème, de la FCPE du groupe scolaire, des parents d’élève, des enseignants et de la directrice de notre école mais aussi, à travers nous, de la population de notre arrondissement et des élus de la majorité municipale qui ont mis à notre disposition une salle ce soir.

C’est un hommage au courage et à la modestie de Zina : nous avons rencontré Zina peu après son arrivée dans le quartier. Au cours de ces dernières années, elle a participé aux mobilisations de notre comité RESF et aux activités de la FCPE, acceptant d’être déléguée de parents d’élève. Avec nous, elle a manifesté dans les rues de Paris à plusieurs reprises pour la régularisation des sans-papiers. Avec nous, elle s’est mobilisée chaque fois qu’un parent d’élève sans-papier d’une des écoles de notre groupe était arrêté et placé en rétention.

Courage, car malade en 2006 et victime d’une rechute en 2009, elle a continué aussi longtemps qu’elle a pu à assister à nos réunions, à participer aux activités de la FCPE et à accompagner son fils à l’école. Courage car elle-même sans-papier et n’ayant obtenu un titre de séjour maladie que fin 2009 elle continuait à se battre avec détermination contre la maladie. Modeste car tout au long de ses années, elle a toujours été discrète et réservée.

Zina nous a quittés le 04 mars : elle voulait revoir sa famille en Algérie où elle est décédée et être enterrée dans son pays natal. Nous ne pouvons que respecter cette ultime volonté.

Mais comment comprendre que la Préfecture de Police à qui la Mairie du 19ème a écrit le 10/03 et à qui nous avons écrit le 19/03 n’ait pas daigné répondre à nos courriers ? Comment admettre, dans des circonstances aussi dramatiques, l’acharnement aveugle des pouvoirs publics qui au nom d’une identité nationale introuvable soi-disant menacée (par qui ? par quoi ?) refusent un titre de séjour à Rachid Larbaoui, lui interdisant, ainsi qu’à Youssef, de pouvoir se recueillir sur la tombe de Zina ?

La formule administrative de circonstance, lors d’un refus de titre de séjour, est « vous n’avez pas fait la preuve de l’intensité de vos liens avec la France ». Désolés, mais pour nous, vivre ici depuis des années, scolariser ici son fils depuis le cours préparatoire, nous semblent être des preuves suffisantes de lien avec la France.
Et si cela ne suffit pas mentionnons quelques liens supplémentaires :
-le père de Rachid et beau-père de Zina, a combattu dans les rangs de l’Armée Française pendant la Seconde Guerre Mondiale de 1943 à 1945
-ce dernier a travaillé jusqu’à sa retraite comme mineur puis métallurgiste dans le Nord ; retraité au début des années 80 il a vécu en France jusqu’à sa disparition en 2009
-une partie de la famille de Zina et Rachid est en France en situation régulière.

Oui, en mémoire de Zina et parce que la vie de Youssef est ici, Rachid doit être régularisé.

Pour Zina, pour Youssef, pour Rachid et pour tous les autres, avec eux, nous continuons.